Finissage le vendredi 3 février dès 18h
L’exposition est visible jusqu’au samedi 4 février.
Patrick Rion propose une réflexion au sujet de la communication et de ses conséquences sur notre mode de vie ainsi que sur l’environnement.
Elle trouve son origine dans le constat du gaspillage de papier qui, loin d’avoir diminué par l’usage informatique et de ses promesses, explose au contraire par les « possibilités » que ces outils permettent en terme d’autoproduction, y compris en mode de diffusion papier
Finissage en palabres et en victuailles le vendredi 3 février dès 18h.
Retrouvez l’interview de Patrick Rion dans le Grand Direct de Radio Django
De la culture au militantisme : en passant par la publicité ?
Vous pouvez le constater – et la place nous a manqué pour plus d’intégralité – que dans notre monde médiatisé on communique. Tous azimuts. Et si les réseaux sociaux en ligne s’avèrent déjà saturés 10 ans après leur avènement et qu’ils devaient remplacer les anciens supports, cela n’a en rien, semble-t-il, calmé les ardeurs de la communication sur papier. N’oublions pas cependant qu’au rang des promesses ayant permis d’institutionnaliser Internet figurait largement ce point. Loin pourtant d’avoir diminué la consommation de papier, il semblerait plutôt que l’autonomie publicitaire permise par cet outil soit en passe de transformer chaque individu en promoteur de sa cause, via des logiciels graphiques et des imprimantes connectées en permanence. Et ceci le plus souvent en méconnaissance des règles de base qui, au départ, régissaient la pertinence d’un propos médiatisé. Libéralisme donc, couplé à une soif de reconnaissance sociale frénétique, semblent en passe de générer une saturation encore pire qu’avant sur le plan médiatique, représentant de plus le danger de transformer la volonté d’action militante en simple volet de culture critique médiatisé.
Aussi importe-t-il à nos yeux de se reposer la question de la pertinence des flux d’information au sein de notre société. Pour cette raison, nous avons décidé de porter à votre connaissance le volume papier que représente la circulation courante des diverses informations qui arrivent à Pôle Sud dans les domaines aussi variés que la culture, le militantisme, les sujets sociaux et la publicité. Il nous apparaît par exemple important de préciser que c’est également sur les rangs des « libéralisations » libérales de la « liberté d’expression » que nous nous retrouvons enfermés dans une « centrifugeuse à communication ». Car l’ouverture à la communication, à outrance, c’est aussi la saturation, où finit par ne plus passer qu’un discours du rapprochement entre humains et dont le moins que l’on puisse dire est que celui-ci n’est pas vérifiable au premier coup d’œil.
En conséquence de quoi nous proposons une réflexion au sujet de nouvelles manières de communiquer plus directement, impliquant un rapprochement physique et non virtuel d’individus ayant à cœur de promouvoir des ambitions et des objectifs de vie communs autres que ceux d’avoir simplement à communiquer. Car si ces nouvelles possibilités offrent effectivement une plus grande prise à la propension des idées, reste que celles-ci seraient peut-être plus véritablement vécues si elles avaient en commun « d’obliger » les gens à se rencontrer pour échanger.Lausanne, le 16 décembre 2016, P. Rion

